Prévoir le futur ? Pourquoi en sommes-nous incapables ?
Ce billet fait partie intégrante de ma réflexion pour mon prochain livre intitulé «Dindification – De l’impact du comportement des dindes sur la société ». Les idées et commentaires de ceux qui auront une participation active sur ce blogue seront cités dans ce livre !
Depuis les débuts de l’humanité, le futur de celle-ci a été intimement lié aux technologies. L’invention de techniques pour allumer un feu, l’invention de la roue, l’invention de la forge, l’invention de l’imprimerie, et la découverte de l’électricité, sont toutes des inventions desquelles ont découlé des applications que personne n’aurait pu soupçonner ni même envisager. Lorsque Albert Einstein formula l’équation E=MC2, jamais il ne se serait douté qu’elle conduirait à l’élaboration de l’énergie nucléaire, ni qu’elle conduirait à la médecine nucléaire, ni qu’elle conduirait à l’irradiation des aliments, ni qu’elle conduirait à la montée de l’écologisme, etc. Toutes nos technologies ont un impact profond sur nos visions du monde. Depuis l’arrivée des ordinateurs, nous avons confondu cerveau et traitement informatique. Nous avons imaginé une fantastique illusion nommée intelligence artificielle. Certains pensent qu’un jour les ordinateurs surpasseront les êtres humains. Certains nous promettent l’immortalité en transférant le contenu de notre conscience dans des technologies non encore inventées. Nos technologies façonnent notre perception du monde. Non seulement les façonnent-elles, mais elles les conditionnent également.
Pour prédire quoi que ce soit à propos du futur, il faut pouvoir prédire quelle sera la technologie disponible à un moment donné ou l’autre dans le futur.
Si par un quelconque hasard ou bonheur vous savez quelle technologie sera disponible dans le futur, il vous suffit d’imaginer des applications qui peuvent en découler. C’est ça prévoir le futur. Mais comme c’est impossible, le futur vous est inaccessible.
Lorsque la Société Alzheimer du Canada nous dit dans son rapport de janvier 2010 que les coûts économiques et sociaux de la maladie seront de plus de 872 milliards de dollars et que la prévalence de la maladie aura plus que doublé, elle applique le biais de confirmation. Elle pense que les conditions technologiques actuelles seront les mêmes dans vingt ou trente ans. Conséquemment, la prédiction de la Société Alzheimer du Canada est fausse et ne vaut strictement rien, car elle n’a strictement aucune idée des percées scientifiques qui seront réalisées. Si elle le savait, elle proposerait une tout autre prédiction. Mais comme elle ne peut le savoir, elle se comporte comme toutes les dindes : elle pense que demain sera comme hier ou aujourd’hui. En fait, elle pense que demain sera du aujourd’hui augmenté.
Qui aurait pu prédire que les ordinateurs des années 1950 qui servaient à faire des calculs balistiques allaient un jour servir à jouer, à discuter, à faire du traitement du texte, à produire des effets spéciaux pour le cinéma, à faire de l’imagerie médicale, à exposer publiquement sa vie privée sur Facebook, à dire sur Twitter que vous venez de prendre un café et à prévoir le futur avec des projections Excel ? Personne, vraiment personne.
Ce qui est étrange, c’est que même lorsque nous sommes en présence d’une technologie, nous ne sommes même pas foutus d’entrevoir les applications de celles-ci. Si nous ne sommes même pas en mesure de faire ces simples projections, comment pensez-vous qu’il est possible de prévoir les technologies qui seront disponibles dans le futur ?
Faites un petit exercice. Tentez d’imaginer une nouvelle technologie, et non une déclinaison des technologies existantes. J’ai hâte de recevoir vos commentaires !


