La dindification de la société
Ce billet fait partie intégrante de ma réflexion pour mon prochain livre intitulé « Évidences silencieuses – Ferment de notre futur collectif ». Les idées et commentaires de ceux qui auront une participation active sur ce blogue seront cités dans le livre !
Avez-vous parfois l’impression d’être le dindon de la farce ? Je dois avouer que la plupart du temps j’ai l’impression d’être le dindon de la farce. Le dindon de la farce de qui ? De nos gouvernements qui, avec cynisme, s’ingénient avec une imagination débordante à venir chercher de plus en plus d’argent dans nos poches ; des économistes, ces charlatans patentés, qui tentent de nous faire croire que l’économie est soumise aux lois du marché ; des écologistes qui veulent nous imposer mille et une restrictions dans le but de nous faire croire que la planète court à la catastrophe ; de Toyota qui veut nous faire avaler que leurs véhicules sont tellement verts qu’il est inutile de les utiliser pour aller chercher du pain ou du lait à l’épicerie du coin ; des banquiers qui veulent nous convaincre qu’il prennent soin de notre argent ; des médias qui pleurnichent sur leur sort ; des employés de l’état surprotégés qui veulent de meilleures conditions de travail à partir de nos impôts ; du complexe agroalimentaire qui nous offre des produits dits santé ; des intégristes de la santé qui veulent nous transformer en des androgynes végétariens ; des centres de conditionnement physique qui veulent nous faire pédaler sur des vélos qui ne vont nulle part ; des coachs qui nous offrent leurs recettes miracles à prix fort pour faire de nous des millionnaires ; des… La liste est longue, beaucoup trop longue…
Quand ce ne sont pas tous ces joyeux lurons qui nous donnent l’impression d’être les dindons de la farce, eh bien, ce sont les tendances elles-mêmes. En fait, nous sommes plus que les dindons de la farce : nous sommes carrément comme les dindons qui se laissent engraisser et traiter aux petits soins pendant mille jours. Au cours de cette période de merveilleuse insouciance, nous roucoulons, nous admirons tous ces gens qui nous disent dans quelle direction aller, et un beau matin, le mille et unième jour, la dinde est attendue chez le boucher et se fait trancher la tête.
En réalité, pendant mille jours, nous n’avons strictement aucune raison de croire qu’un événement tragique puisse survenir, car le passé est garant du futur. Nous avons développé, en tant qu’espèce, une faculté incroyable : le biais de confirmation. Nous pensons tout bêtement que demain sera semblable à aujourd’hui ou hier, car tous les joyeux lurons prennent soin de nous. Et que se passe-t-il le mille et unième jour ? Vlan ! La tête est coupée… Inquiétant n’est-ce pas ?
Malgré tout, nous persistons à croire que le futur sera semblable à aujourd’hui ou hier. Nous sommes la dinde qui sera servie au repas de Noël ou à Thanksgiving. Par contre, tous les joyeux lurons, eux, savent fort bien que nous nous ferons trancher la tête. Pour la dinde, le mille et unième jour est un événement tragique, tandis que pour les joyeux lurons, c’est un événement attendu, pour ne pas dire un événement magique, car il rapportera gros, aussi bien sur le plan financier qu’en fonction des buts qu’ils visaient.
Et vous, êtes-vous une dinde ?
N.B. Je suis en train de développer en profondeur le concept de dindification pour le prochain livre. Histoire à suivre !



la “dindification” me paraît plutôt un processus qu’un concept ! le concept ici serait l’induction : c’est par induction confiante que je peux dire que “le soleil se lèvera demain” quand rien ne le prouve !!
Si je vous lis bien, être dinde c’est s’assurer mille jours au moins sans aucun souci avec toute sa tête sur les épaules! S’il vous plaît, dites-moi comment re-devenir dinde!
« La liste est longue, beaucoup trop longue… »
Et tellement subjective, aussi…
Oui, vous parlez du phénomène de la dinde, mais la dinde *adore* la starification, et cela les médias l’ont bien compris ! avez-vous besoin de ces étoiles pour savoir si votre billet est apprécié ou pas ?? que des gens prennent la peine d’écrire un commentaire, avec leur cerveau et leurs doigts dans votre blogue est bien plus instructif, il me semble, que de pauvres étoiles cliquées peut-être machinalement après avoir lu le texte en diagonale.
Bien sûr que vous parlez de complot : vous le dites sans utiliser le mot, mais quand vous parlez de Toyota qui veut nous faire avaler ceci, des industries agro-alimentaires qui veulent nous faire avaler cela, vous parlez d’une forme de complot, Christine parle d’infantilisation, qui en est le corrollaire. Etre dindifié, c’est accepter ce “complot”, cette infantilisation, cette manipulation, appelez cela comme vous voulez si vous n’aimez pas complot, mais je trouve que ce que vous dites n’est pas nouveau du tout. Et je ne suis pas d’accord non plus avec votre manière d’englober tout le monde avec ce “nous” “nous opacifions nos capacités à déceler les évidences silencieuses” !! parlez pour vous ! moi je “n’opacifie” rien du tout voyons ! non je ne suis pas une dinde ! je ne suis pas un numéro ! je suis une femme libre ! rhâââ !
… et en parlant de starification, je viens de m’apercevoir qu’il y a des… *étoiles* en haut à gauche de votre billet pour l’évaluer, le noter, le starifier… ou pas ! on est en plein dans la starification, même quand il ne s’agit que d’un billet de blogue.
Alice,
je ne parle pas de starification, je parle du phénomène de la dinde qui se conforte en pensant que demain sera pareil à aujourd’hui, alors que c’est absolument impossible.
Les étoiles en question ne servent pas à starifier, mais à me fournir un indice quant à la pertinence de ce que j’ai écris. De plus, lorsque je dis que les auteurs des commentaires les plus pertinents seront cités dans le livre, encore là ce n’est pas de la starification, mais une simple reconnaissance envers celui ou celle qui a permis de développer les idées. Par exemple, dans une thèse ou un livre on cite plein de gens qui ont écrit des choses intéressantes, et ce n’est pas pour autant de la starification. La connaissance s’édifie sur l’expérience des autres, et je serais bien mal avisé de ne pas citer ceux qui ont participé aux développement de ma réflexion.
J’allais le dire : je n’ai pas vu de théorie du complot dans ce texte. C’est totalement différent.
La dindification c’est montrer ce qui est considéré comme bien ou mal sans laisser le temps de la réflexion ou du bon sens : ne réfléchis pas, d’autres l’ont fait pour toi!
AliCe, il ne s’agit pas d’un complot mais d’une tendance…
Moui… mais la croyance en la théorie du complot, ou, pour reprendre votre terme, la croyance en la dindification de la société, fait aussi partie de cette dindification. Je ne crois pas au complot général, mais je crois que certaines méthodes sont efficaces, ponctuellement, pour nous téléguider. Une des méthodes est de faire croire en une possible célébrité, un tapis rouge vers la starification… le célèbre “quart d’heure de célébrité” de Wharol, qui a donné lieu à toutes les big brothereries du monde : c’est d’ailleurs une méthode que vous adoptez un peu vous-même, en offrant la possibilité d’être cité dans votre livre, non ?
Alice, je n’ai jamais parlé de complot. Ce dont je parle ici c’est d’une tendance en accord avec la Théorie des tendances que je vous invite à revisiter.
Ceci étant dit, Christine a raison lorsqu’elle affirme que les autres réfléchissent pour nous, et Olivier a raison lorsqu’il dit qu’on marche dans une direction différente de la masse. Le but de ma réflexion, qui est ici sommaire, est de pousser plus loin la réflexion. En fait, je suis convaincu que notre comportement collectif de dindes opacifie le futur. Autrement dit, comme nous n’avons d’attente que celle d’être confirmée dans l’idée que demain sera comme hier ou aujourd’hui, nous opacifions d’autant nos capacités à déceler les évidences silencieuses dans lesquelles percole le futur. Le futur est dans le présent, et le but de mon exercice est d’arriver à démontrer cette mécanique afin que nous soyons de moins en moins exposés à des cygnes noirs.
Personnellement je lutte contre cette infantilisation mais, il faut l’avouer on est fort seul quand on marche dans une direction différente de la masse et si on influe sur notre mouvement bien que porté par le flot, il faut être résistant intellectuellement pour se persuadé qu’on influe ne fusse qu’intangiblement sur le mouvement général. Alors j’encourage ceux qui tracent leur propre voie à persévérer jusqu’à ce que la tendance du mouvement général change. Je me sens déjà moins seul…
Dindification et infantilisation?
Quand les gouvernements se sentent obligés de légiférer pour dire ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, ce qui est bon et “pas touche, vilain!”…. Nous perdons le statut d’adultes (normalement responsables et dotés de libre arbitre???? ) pour redevenir de vilains garnements à qui il faut dire ce qui est bien et mal.
A force d’être maternés, couvés, bridés, étouffés, on s’endort en se disant que de toute manière il n’y a pas grand chose à faire contre maman-société… quitte à se rendre compte plus tard (trop tard?)qu’elle est bourrée de défauts… Zut alors!
ou on se révolte !! On retrouve un peu de bon sens, de lucidité et d’autonomie.
Oserais-je dire “d’intelligence”?
J’aurais plutôt parlé d’ autruches que de dindes, vous savez, l’autruche, cet animal qui se met la tête dans le sable et qui oublie par là même que son gros derrière dépasse et est ainsi exposé à tous les coups de pied au c….venant de plus haut.
Question fonctionnaires, vu le dégraissage du nombre d’emplois dans la fonction publique en Europe, sont-ils si bien protégés? Je suis pour la protection de l’emploi, en tout état de cause.Pourquoi montrer dès lors du doigt les autres, comme un enfant dans le bac à sable, “regarde maman, celui là est protégé et pas moi?”
J’ai eu l’occasion dans ma vie de négocier avec le patronat des clauses de garantie de l’emploi, ce qui a pu empêcher bon nombre de gens de se retrouver au chômage.Cela a toujours demandé un rapport de force,car aucun avantage octroyé aux travailleurs n’est tombé du ciel.
Amitiés
Lionel Cattaux
mais euh… la planète court à la catastrophe et l’économie est soumise aux lois du marché. Non ?
Mon intuition me dit qu’on se sent le dindon de la farce lorsqu’on se sent obligé d’avoir un avis sur tout et peut-être aussi quand on n’est pas dans l’action.
Être la dinde c’est déjà être un peu frustré? Non?
@ Eve-Catherine
En effet, Mademoiselle, les yahous se soumettent à toutes les règles qui leurs sont imposées sauf parfois aux règles de l’accord du participe passé. Un espoir?
Point à noter sur la dindification: cela dépend en grande partie de la passivité politique. Comme les dindons sauvages de Pennsylvanie: la bouche ouverte, les yeux exorbités, le cou étiré en attente d’on-ne-sait-trop-quoi sur le bord de la route…
Comment nous pourrions vivre autrement ? L’homme est conditionner ainsi depuis son enfance à entrée dans le moule , nous sommes éduquer à écouter nos gouvernements , à faire confiance au Banquier , aller s’entrainer 6 fois par semaines pour avoir un corps d’enfer ,car l’ensemble de la société nous à dicter ses règles .Je suis persuader que demain ressemblera à aujourd’hui.