Twitter, autoadulation et autopromotion
Suite à mon billet « Twitter ou la société d’adoration mutuelle » qui concernait surtout l’aspect collectif de Twitter, plusieurs d’entre vous m’ont pressé de préciser l’aspect individuel de ce nouveau média. Voici un extrait de mon billet précédent afin que nous puissions avoir une base de discussion commune :
La société d’adoration mutuelle est constitutive de l’egocasting, L’une des finalités de l’egocasting étant de produire des contenus pour se faire reconnaître dans le but d’obtenir une satisfaction personnelle, elle oblige à une démarche d’adoration mutuelle. Personne ne nous adorera si on n’adore pas quelqu’un en retour. De cette façon, Facebook, aussi bien que Twitter, nous enferme dans un cercle de mutuelle adoration, et soudain, nous pensons que nous sommes appréciés par les autres. En réalité, nous ne sommes pas vraiment adorés par les autres au sens littéral du terme : les autres nous adorent pour que nous les adorions en retour. C’est un geste purement intéressé, et il n’est pas très différent de notre comportement dans la vie ordinaire de tous les jours. Intrinsèquement, nous recherchons tous la reconnaissance de soi. Facebook et Twitter sont tout simplement venus amplifier ce phénomène.
Autant la société d’adoration mutuelle est constitutive de l’egocasting, autant notre comportement personnel en matière de promotion de soi en relève également. D’un autre côté, plusieurs me disent qu’il est impertinent de faire la promotion de soi par le truchement de Twitter, Facebook, Flickr, FriendFeed ou autres. Mettons de suite les choses au clair : les gens confondent autoadulation et autopromotion.
Autoadulation versus autopromotion
Dans la Théorie des tendances, il y a un concept intéressant : le fantôme d’ego. Qu’est-ce que le fantôme d’ego ? C’est tout simplement un projection de soi dans le monde virtuel qui recherche la reconnaissance de soi pour vous. Je m’explique : toutes vos interventions et actes de conversations, aussi bien sur Twitter, Facebook ou votre blogue, sont autant de présences virtuelles de vous dans le but, à la fois de vous promouvoir tout comme d’obtenir une certaine reconnaissance. Lorsque vous n’êtes pas connecté à Internet, vos fantômes d’ego poursuivent une vie autonome afin d’accomplir les buts que vous vous êtes donnés. Vos fantômes d’ego peuvent aussi bien procéder à de l’autoadulation comme à de l’autopromotion.
L’autoadulation est ce processus qui consiste à se glorifier soi-même, tandis que l’autopromotion est ce processus qui consiste à faire partager des idées qui peuvent changer quelque chose ou apporter une valeur ajoutée. Admettez qu’il s’agit là d’une nuance sémantique importante ! Par contre, avec l’autopromotion, vous pouvez penser que vous avez des idées intéressantes à partager, alors que ce n’est peut-être pas forcément le cas. Si vous répétez comme un perroquet ce que les autres disent et que vous n’avez rien d’original à proposer, alors l’autopromotion devient une forme d’autoadulation[1].
L’autopromotion est un moyen pour faire la promotion de vos idées et de vos concepts qui ont, selon vous, la capacité d’apporter une valeur ajoutée ou carrément une nouvelle vision des choses. L’autoadulation, quant à elle, consiste en la promotion de vos réalisations personnelles et de choses que vous avez déjà faites. Par contre, il est certain que dans l’autopromotion il y a une certaine forme d’autoadulation, car intrinsèquement, nous sommes tous à la recherche de la reconnaissance de soi, une donnée fondamentale de l’egocasting. Dans l’autopromotion, l’autoadulation est diluée et ne transparaît pas.
Lorsque vous faites la promotion de vos idées, vous donnez aux gens la possibilité de propager celles-ci s’ils les trouvent intéressantes : vous leur apportez quelque chose de significatif. Combien de fois vous êtes-vous surpris en train de dire « Wow ! » en lisant un article ? Le « Wow effect » est puissant, car il attire vers vous des gens qui discernent que vous avez une valeur ajoutée à apporter qui peut leur profiter. Le principe d’egocasting nous dit que les gens cherchent à se sentir bien, et lorsqu’ils font la promotion d’idées intéressantes qui peuvent changer quelque chose, ils se sentent bien. Par contre, vos accomplissements personnels ne les inciteront pas à propager votre image, mais vos idées, oui.
Si des gens vous disent que vous faites de l’autopromotion, vous devez vous poser deux questions:
- Est-ce que je fais de l’autoadulation ?
- Est-ce que les idées que je propose sont vraiment originales, et peuvent-elles changer quelque chose ?
Si vous répondez « Oui » à la première question et « Non » à la seconde, alors ne faites rien même si vous pensez avoir quelque chose d’original à dire.
Pour faire de l’autopromotion, vous devez vraiment avoir quelque chose de différent à dire. Vous devez avoir une vision globale d’un phénomène. Vous devez être en mesure de l’analyser sous toutes ses coutures. Finalement, vous devez surtout être capable de l’articuler dans une démarche solidement argumentée.
Rareté versus abondance
Avant l’arrivée d’Internet, le seul moyen efficace de diffuser ses idées était de passer par les médias de masse et les grandes maisons d’édition. Une fois que vous étiez accepté, vous étiez reconnu. Ce type de fonctionnement était basé sur la rareté : peu de gens perçaient, et plusieurs demeuraient dans l’ombre. Autrement dit, les filtres étaient en amont : seules quelques personnes décidaient si oui ou non vos idées étaient intéressantes.
Avec Internet, vous êtes dans le monde de l’abondance, et les filtres sont en aval. Ce ne sont plus quelques « esprits éclairés » qui décident si ce que vous avez à dire est intéressant : ce sont tous ceux qui peuvent éventuellement s’intéresser à vos idées et éventuellement les propager. La dynamique, ici, est totalement différente par rapport à celles des médias de masse, et l’autoadulation est très mal perçue.
Voici quatre idées tout à fait en accord avec l’egocasting :
- Si vos propres idées ne vous inspirent pas, elles n’inspireront personne.
- Faites la promotion de vos idées en utilisant les médias sociaux. Le temps des médias de masse qui décidaient de la vie ou de la mort des idées est révolu.
- Concentrez-vous à rassembler autour de vous des gens intéressants qui, tout comme vous, sont capables de tenir une réflexion, de passer à l’action et de propager vos idées.
- N’ayez aucune crainte à diffuser vos idées. N’oubliez pas que ce n’est pas uniquement votre vision du monde qui intéresse les gens, mais surtout comment ils peuvent s’y intégrer, se reconnaître et la partager.
Dans cette démarche, il n’y a que deux possibilités: on vous aime ou on vous déteste, c’est selon ! Surtout, apprenez à dire NON, c’est plus rentable que de dire un faible oui pour rallier le consensus. Si vos idées sont fortes, de grâce ne les diluez pas pour faire plaisir à tout le monde, ou parce que vous vous êtes sentis blessé par un commentaire désobligeant.
Faire de l’autopromotion a une exigence toute particulière : se tenir debout !
La Théorie des tendances stipule qu’il est possible de créer de nouvelles tendances à partir des tendances existantes. Il n’en tient qu’à vous de tenter votre chance. Pensez-vous avoir ce qu’il faut pour y arriver ? Seth Godin, Steve Jobs et bien d’autres proposent des visions du monde. Et vous ?
[1] C’est le blogueur Nathan Hangen qui m’a mis sur la piste pour bien différencier l’autoadulation de l’autopromotion.



AH! Steve Jobs avait une bonne idée ! tout le monde attendait un truc comme le iphone (téléphone+internet qui tient dans la main), c’est venu au bon moment, il a fait *une* présentation repassée en boucle sur internet car c’était une présentation à l’américaine bien clinquante avec effets attendus, suspense, surprise et tout le toutim. Comme c’était un produit que tout le monde attendait, ça a marché. Mais le ipad, c’est une autre pair de manches : nom ridicule de serviettes pour incontinents, forme bizarre : un gros iphone, mais qui ne téléphone pas ! bide total assuré.
D’autre part, arrêter de parler de vos billets ne “vérifiera” rien du tout ! si vos billets sont bons, ils finiront par être lus par quelques-uns (comme moi par exemple) qui relaieront l’info. MAIS il se peut aussi que vos billets soient archi nuls et raccoleurs et qu’ils attirent des foules ! le nombre qu’équivaut pas à la qualité. Mais la qualité ne passe pas complètement inaperçue.
Sur Twitter, AliCe_M me dit «mouais je trouve cette distinction fumeuse : je l’assimile à de l’autojustification !»
Si je suis le raisonnement d’AliCe_M, cela revient à dire que les entreprises qui font de la publicité font de l’autopromotion. Quel mal y a-t-il à faire de l’auutopromotion ? Nous faisons tous, à notre propre niveau, dans la vie de tous les jours, à la maison, au travail, dans son cercle d’amis de l’autopromotion. Suis-je à mon meilleur ? Le patron ou la patronne est-elle satisfaite de mon travail ? La fille ou le mec qui drague fait de l’autopromotion. J’ai une soirée avec mes amis, donc je passe préalablement chez la coiffeuse. La Saint-Valentin est aussi une fantastique occasion d’autopromotion pour chacune des eux personnes : «vois à quel point je suis gentil(le) envers toi ! »
Comment voulez-vous faire connaître un produit ou un service si vous ne faites pas de l’autopromotion ? Il ne faut aussi jamais oublier que de la promotion est avant tout de l’autopromotion. Si vous payez une pub à la télé pour votre produit, vous faites à la fois de la promotion et de l’autopromotion.
Là où il y a un problème c’est que lorsque l’autopromotion devient de l’autoadulation. Autrement dit, lorsque l’on glorifie soi-même nos réalisations du passé pour épater la galerie.
Oui, c’est bien là le problème : on n’échappe pas à l’autopromotion !! c’est pourquoi les femmes détestent les dragueurs, justement !! l’autopromotion, c’est insupportable ! vendez un bon produit, et l’autopromotion sera inutile ! à la limite, parlez-en UNE fois, mais le MATRAQUAGE, voilà aussi ce qui est pénible dans l’autopromotion ! le matraquage n’arrête pas ! pas même sur twitter : encore et encore et encore, le même message, dans les mêmes termes, twitté et retwitté, on nous prend pour des neuneus : moi je dis non je dis stop je dis ça suffit.
Là, vous marquez un bon point ! Le iPod, le iPhone et le iPad sont à la fois marketing et produit. Par contre, il a tout de même fallu que Steve Jobs les présente un jour ou l’autre. Par la suite, les médias et tout le monde sur toutes les plateformes ont repris le message. Les produits avaient un fort potentiel viral.
À compter de lundi le 15 février 2010, je vais donc tenter une expérience: au cours des deux prochaines je ne mentionnerai aucun de mes nouveaux billets, ce qui me permettra de vérifier in situ votre argument sur la viralité !
Il y a une différence importante entre Twitter et FB :
- Twitter regroupe des communautés plus ou moins élargies, mais supposées rassemblées sur des compétences et/ou des intérêts communs + un egocasting important : il y a une civilité qui cimente les échanges et qui fait qu’on y “divague” pas trop…
- FB en revanche, regroupe des échanges parfois disparates où les uns veulent exister, d’autres vendre leur littérature ou leur politique, et où les notions, les idées n’ont de valeur que leur affirmation. Cette friabilité des échanges est compensée par l’usage débridé de “cadeaux” affectueux ou amoureux qu’on s’expédie et dont une bonne part confine à l’infantilisme…
Justement je suis entrain de lire un bouquin qui parle du monde des idées dans lequel nous sommes présentement , mais comme dans n’importe quoi et n’importe ou nous devons être inspirant pour inssufler nos idées aux autres . Et Twitter est un réseau social qui prouve plus que jamais qui s’assemble , se ressemble .